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Où en est la France en termes d’attractivité ?

Retrouvez ci-dessous les principaux enseignements du baromètre EY de l’attractivité de l'Europe et du sondage réalisé par l'Ipsos dans le cadre de la 15ème édition des Etats de la France.

Où en est la France en termes d’attractivité ?


Le baromètre EY de l'attractivité de l'Europe, réalisé auprès d’un panel de dirigeants européens et portant sur leurs projets d’investissement à court et long terme en Europe, révèle que la France conserve son attractivité auprès des investisseurs, mais qu’il demeure nécessaire de rester vigilant dans un contexte de resserrement de la concurrence. Pour l'Ipsos, qui a réalisé un  sondage sur l’attractivité de la France selon les responsables des sociétés étrangères installées en France, la donne est sensiblement similaire.

 

Adoptant deux focales différentes, ces baromètres fournissent donc des aperçus complémentaires de l’état de l’attractivité de la France, dans un contexte de regain d’optimisme relatif des investisseurs étrangers après une année noire sur le plan des investissements internationaux.

Pour EY, la France ne doit pas se reposer sur ses lauriers

 Le baromètre EY propose trois enseignements clés :

  • Les dirigeants Européens restent mesurés et réalistes
  • L’Europe doit sécuriser et crédibiliser son environnement économique
  • Les facteurs liés à l'inclusion sociale et aux enjeux géopolitiques gagnent en importance aux yeux des dirigeants européens. Les deux sujets clés de la technologie et du changement climatique restent néanmoins prépondérants.

Concernant la France, le message est clair : premier pays européen pour l’accueil des investissements étrangers en 2019 et disposant par conséquent de fondations toujours solides, le pays devra cependant travailler pour émerger gagnant (ou moins perdant) de la crise face aux deux principaux concurrents que sont l’Allemagne et le Royaume-Uni. Les trois pays ont notamment pour point commun d’avoir lancé les plans de relance les plus ambitieux, confortant leur attractivité et leur crédibilité auprès des investisseurs. Ces derniers sont cependant avant tout sensible aux mesures de court-terme.

 

Si la crise est un coup dur pour les économies des pays européens, elle n’a cependant pas rebattu les cartes : l’industrie française est en effet dynamisée dans les secteurs clés, et ses chercheurs notamment ont pu démontrer leur valeur en faisant face à la crise sanitaire. Cette mise en perspective ne doit pourtant pas masquer une réalité : l’investissement international subira une forte contraction en 2021, et l’investissement en France pourrait chuter de 35 à 50% selon les secteurs d’après les résultats de l’enquête combinés aux estimations de la CNUCED et de Trendeo. Dans un contexte de reprise plus que de relance, une action collective européenne est nécessaire pour un redémarrage prochain de l’attractivité du continent.

 

Autre enseignement : le renforcement des chaînes de valeur et la relocalisation ne séduisent pas majoritairement les dirigeants internationaux : 33% d’entre eux, interrogés en octobre, n’envisagent pas de changement majeur dans leurs supply chains, et la relocalisation des activités industrielles ne séduit que 24% de ces dirigeants.

Pour Ipsos, la gestion de la crise et les réformes des dernières années sont les deux piliers de la résilience française, malgré un fort impact à court terme

D’après le sondage Ipsos réalisé dans le cadre de la 15ème édition des Etats de la France, la crise est avant tout délétère par son impact immédiat. Elle aura en effet eu un impact négatif sur une majorité de filiales françaises de grands groupes étrangers selon 73% des dirigeants. La France est cependant loin d’être un cas isolé : un responsable d’entreprise sur deux considère que les autres filières de son groupe ont vécu des situations comparables à la filiale française. Cette homogénéité ne doit cependant pas masquer des performances inégales géographiquement : pour 62% des répondants, les filiales allemandes ont été moins impactés que les françaises. Ces dernières ont cependant mieux tenu que les filiales britanniques, espagnoles et italiennes.

 

Les investissements à court terme prévus en France ont également souffert de la crise. Cependant, seul 1% des responsables d’entreprises déclarent que les investissements prévus initialement seront définitivement annulés. Plus généralement, la France demeure attractive pour une large majorité de dirigeants (77%). Si les performances économiques ont forcément pâti de la crise, les maisons-mères des groupes interrogés ont tendance à dresser un bilan assez positif de sa gestion par la France. Une majorité de dirigeants pense donc toujours que leur maison-mère va investir davantage en France dans les années à venir (54%), même si ce score diminue de 27 points par rapport au record mesuré l'année précédente.

 

Définie par EY comme un sujet prépondérant, l’excellence technologique demeure l’atout majeur de la France selon l'Ipsos. Elle est en effet le second critère le plus décisif dans le choix du pays pour les investisseurs internationaux, juste derrière les coûts et loin devant le respect de l’environnement. Les coûts apparaissent cependant comme le principal frein aux investissements en France pour une large majorité d’investisseurs.

 

 

Pour finir, le sondage permet de souligner quatre grandes attentes des maisons-mères vis-à-vis de la France : 

  • Devenir un leader dans le domaine des technologies d’avenir
  • Faire de la fiscalité une arme pour accélérer la reprise
  • Exceller dans sa politique de relance
  • Poursuivre la transformation de la France (projets de réforme des retraites, de l’assurance chômage, etc.).

 

Olivier Pughe