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Territoires d’industrie : l’économie circulaire comme levier de la compétitivité à Caux Seine Agglo

Depuis de nombreuses années – bien en amont du dispositif « Territoires d’Industrie » lancé fin 2018 par le gouvernement – les agences de développement se mobilisent pour l’industrie. Découvrez ci-dessous les actions de Caux Seine Développement pour développer l’économie circulaire sur son territoire.

Territoires d’industrie : l’économie circulaire comme levier de la compétitivité à Caux Seine Agglo


Caux Seine Développement est l’agence de développement de la communauté d’agglomération Caux Seine Agglo. Depuis sa création en 2017, elle met en œuvre, avec ses partenaires, différentes actions pour favoriser l’écologie industrielle et territoriale dans la zone industrielle de Port-Jérôme (récupération et valorisation des énergies fatales), et plus largement pour développer l’économie circulaire sur l’ensemble du territoire de l'agglomération.

Un territoire industriel impliqué dans l’économie circulaire depuis de nombreuses années

Caux Seine Agglo est un territoire industriel qui a su anticiper à plusieurs reprises les diversifications nécessaires de son tissu économique, en accueillant d’abord des industries textiles puis des industries chimiques et pétrochimiques et désormais des activités liées au numérique et à l’économie circulaire. Cela lui a permis de s’imprégner très tôt des enjeux de transition économique et énergétique.

 

Le territoire s’est ainsi emparé de la thématique de l’économie circulaire dès 1972, année où une usine d’eau industrielle – permettant de mutualiser les besoins en eau des industriels tout en limitant les prélèvements dans la nappe alluviale de la Seine – s’est implantée à Norville (elle est aujourd’hui la plus importante des 3 usines de ce type existant en France). Depuis, l’économie circulaire est devenue une réponse à l’indispensable mutation du socle industriel qui constitue (avec ExxonMobil, Oril industrie ou Révima) la grande richesse de Caux Seine agglo (30% du PIB).

Une succession d’actions structurantes pour développer l’économie circulaire sur le territoire

Ainsi, depuis plus de 40 ans, les actions structurantes pour développer l’économie circulaire sur le territoire se succèdent. L’agglomération se positionne notamment comme un territoire précurseur en matière d’écologie industrielle et territoriale, à l’échelle de l’estuaire de la Seine, en menant en 2009 la première étude de symbioses industrielles avec le cabinet SOFIES.

 

Suivent ensuite de nombreuses actions comme le programme national de synergies interentreprises (PNSI), la gestion durable de zones d’activités (GDZA), le projet de pôle « économie sociale et solidaire et pépinière d’ateliers », une étude de marketing territorial (dont les résultats confèrent une place de 1er choix à l’économie circulaire dans le positionnement du territoire), l’organisation d’un hackathon sur l’économie circulaire, le projet d’implantation de l’usine de production massive d’hydrgogène décarboné H2V product, etc.

Un travail spécifique sur l’écologie industrielle et territoriale

A partir de 2018, des groupes de travail « Energies Fatales » ont été organisés avec les industriels et logisticiens de la zone industrielle de Port Jérôme pour étudier la faisabilité technique de récupération de ces énergies fatales via une étude de faisabilité. Plusieurs industriels, grands consommateurs et/ou producteurs d’énergies installés principalement sur la plateforme chimique de Port-Jérôme, ainsi que les élus du territoire, ont montré un vif intérêt à travailler ensemble pour favoriser les échanges de chaleur inter-entreprises.

 

Ainsi, le territoire a été retenu à l’appel à projet DRACCARE (Développement Régionale d’ACtions Collectives pour le Renouvellement de l’Economie) lancé par la préfecture de Normandie, avec l’appui de la DIRECCTE Normandie, et bénéficie d’une aide pour lancer cette étude de faisabilité afin d’étudier avec l’ensemble des parties prenantes (acteurs économiques : industriels et logisticiens ; acteurs institutionnels : ADEME et Chambre d’Agriculture ; associations : France Chimie, Logistique Seine Normandie, Normandie Energies, Noveatech, etc.) le cadre juridique, technique et financier de ce dossier.

Quels projets et externalités positives pour le territoire et ses entreprises ? 

Une unité de valorisation énergétique permettant de réduire les émissions de CO2

ECOSTU’AIR est une unité de valorisation énergétique appartenant au SEVEDE (Syndicat d’élimination et de valorisation énergétique des déchets ménagers de l’estuaire) et exploitée par SUEZ. Elle alimente en énergie l’industriel TEREOS pour couvrir près de 70 % de ses besoins énergétiques avec un échange de 65 tonnes de vapeur par heure. Le traitement des fumées est également modernisé avec une consommation de gaz réduite de 90%. TEREOS a ainsi substitué en partie le gaz naturel par de la vapeur verte, réduisant significativement sa consommation en énergie fossile et a ainsi accéléré sa transition énergétique. Aujourd’hui, c’est 3km de réseau et la suppression de 84kt d’émissions de CO2 par an. 

Une synergie entre un acteur industriel et un acteur de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS)

Une synergie a récemment été réalisée entre la chaufferie biomasse de Port-Jérôme, gérée en DSP par la CRAM, et Naturaulin acteur de l’ESS et de l’insertion par l’activité économique. Ce dernier collecte le bois présent sur les chantiers d’insertion et les berges de Seine pour les fournir à la CRAM qui alimente la chaufferie. Cette synergie de substitution permet à la fois d’entretenir les espaces naturels, valoriser énergétiquement une ressource qui est à la base un déchet et créer de l’emploi local en insertion.

Des projets d’implantations d’entreprises liées aux opportunités de synergies industrielles

D’autres entreprises souhaitent s’implanter à Port-Jérôme car elles y trouvent des opportunités de synergies industrielles. Ainsi, la société H2V, leader français de la production d’hydrogène vert, a annoncé en 2017 son intention de s’implanter sur la zone industrielle afin d’y construire et exploiter une usine de production massive d’hydrogène décarbonné. L’usine envisagée, estimée à plus de 480 millions d’euros, produira de l’hydrogène par électrolyse de l’eau. Il sera utilisé pour produire du biogaz en l’associant par méthanation au CO2 d’une usine voisine : Air Liquide. Les produits finaux seront commercialisés par injection dans les réseaux de transport de gaz naturel, dans les infrastructures dédiées à la mobilité et au sein d’entreprises pétrochimiques.

 

Caux Seine Développement accompagne les porteurs du projet, notamment dans l’anticipation des besoins de formation dans la mesure où plus de 150 emplois seront créés.

 

 

Merci à Eglantine Lerendu, chargée de mission Economie circulaire & Transition énergétique, et Pierre Van Caenegem, responsable Marketing & Promotion à Caux Seine Développement.

 

Crédit photo : Virginie Bruneau