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Les clés d’une stratégie globale d’innovation : un rapport sénatorial sur la nécessité d’une réindustrialisation française.

Le rapport de la sénatrice Vanina Paoli-Gagin adopté le 8 juin dernier par la mission d’information sur l’innovation et la recherche analyse les erreurs françaises en matière de soutien à l’innovation et émet 7 recommandations opérationnelles à mettre en place.

Les clés d’une stratégie globale d’innovation : un rapport sénatorial sur la nécessité d’une réindustrialisation française.


De 2010 à 2030, 110 milliards d’euros sont engagés en faveur du soutien à l’innovation. Et pourtant, malgré les efforts déployés, la France peine à faire émerger de nouveaux champions industriels.

 

Il s’agit là de l’un des constats du rapport de la sénatrice Vanina Paoli-Gagin intitulé « Excellence de la recherche/innovation, pénurie de champions industriels : cherchez l'erreur française ». Ce document liste ainsi les erreurs faites concernant le soutien à l’innovation mais propose également 7 recommandations opérationnelles pour permettre à notre pays de redevenir une « nation innovante et souveraine ».

Des investissements en faveur de la French Tech et des grands groupes qui se font aux dépens de l’industrie

Depuis 2010, les différents programmes d'investissement d’avenir (PIA) ont eu des effets positifs sur l’investissement en France et ont principalement profité aux entreprises de la French Tech. Cet écosystème dynamique fort de ses 20 000 startups aujourd’hui contre 1 000 en 2013 est essentiellement composé d’entreprises du numérique et des technologies de l’information et de la communication. Toutefois, comme l’indique le rapport, sur l’ensemble des 26 licornes françaises, seulement l’une d’entre elles est une société industrielle. 

 

Lors d’une conférence de presse destinée à présenter le rapport, Christian Redon-Sarrazy, président de la mission, affirme qu’il est donc urgent de « rattraper le retard » au niveau international si la France ne veut pas devenir un « pays de sous-traitance ». Il est nécessaire d’adopter une stratégie globale d’innovation afin de « préparer l'industrie de demain ». Des paroles qui rappellent celles de Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement (SGPI) dont la vocation est de faire de la France « une grande nation d'innovation » et d’excellence.

Soutenir le développement des PME et ETI

Comme le relève cet article de Localtis, nombreuses sont les préconisations du rapport en soutien au développement des PME :

  • Une réforme du crédit d’impôt recherche (CIR) pour le limiter à un plafond maximum de 100 millions d’euros de dépenses de R&D.
  • Un doublement du plafond du crédit impôt innovation (CII) pour le porter à 800 000 euros afin de « mieux accompagner le passage à l’échelle des PME industrielles innovantes ».
  • L’institution d’un « coupon recherche innovation » de 30 000 euros pour les PME.

Au-delà de ces actions, la commande publique représente l’un des leviers d’action majeur du gouvernement pour aider les industries innovantes à se développer, qui devrait s’accompagner d’une simplification et d’une accélération des procédures administratives (et notamment en finir avec la superposition des dispositifs dans lesquels se perdent les PME). 

Mettre en place une stratégie d’innovation de concert avec les régions

Selon la sénatrice Vanina Paoli-Gagin, il serait judicieux de « favoriser les écosystèmes territoriaux » en s’appuyant, à la différence des précédents PIA, sur les régions. En effet, ces derniers ont davantage participé à renforcer les disparités territoriales qu’à les réduire. En outre, l’échelle régionale semble plus pertinente pour mettre en place une telle stratégie, juste milieu pour avoir un réel impact tout en restant proche des territoires infra.

 

C’est notamment cette logique que l’on retrouve dans le plan France 2030 porté par Bruno Bonnell, présent lors du dernier rendez-vous du DEV&CO organisé par le CNER qui assure qu’avec ce plan d’investissement « chaque territoire a sa chance » et dont l’ambition est de de consacrer la moitié de son budget « aux acteurs émergents » (TPE, PME, PMI…) ainsi qu’aux territoires dans leur globalité (et pas uniquement les grands pôles urbains).

Les 7 axes déclinés en recommandations opérationnelles

Pour avoir une vision globale des recommandations proposées, retrouvez ci-dessous les 7 préconisations globales à mettre en place :

  • Faire de la commande publique un levier de croissance pour les entreprises innovantes : le chiffre d'affaires plutôt que la subvention ;
  • lever les obstacles réglementaires et administratifs et raccourcir les délais d'instruction ;
  • réorienter, à moyens constants, les aides fiscales pour mieux accompagner le passage à l'échelle des petites et moyennes entreprises innovantes ;
  • améliorer la valorisation pour lever les freins à l'essor des start-up les plus innovantes ;
  • favoriser la structuration d'un écosystème de fonds d'investissement à toutes les étapes du développement des entreprises industrielles innovantes ;
  • inciter les grands groupes à s'impliquer dans l'émergence et la croissance des entreprises innovantes ;
  • faire de la propriété industrielle et de la normalisation des sources de compétitivité.

Ces préconisations sont davantage détaillées en actions concrètes dans le rapport, et vous pouvez en retrouver l'essentiel en cliquant ici